Je me demande ce qui m'attend demain? Si je m'endors ce soir, me réveillerais-je? Reviendrais-je à la maison? Quand est-ce qu'elle viendra me prendre? Combien de temps me reste-t-il? Combien de gens pourrais-je encore rencontrer avant l'heure? Si je fait ça au lieu de ça, que se passera-t-il? Ai-je vraiment le choix? Est-elle déjà programmée pour moi? Combien resteront à pleurer derrière moi? Est-ce que ça vaut encore le coup de se battre? Où on va après? Qui se rendra compte que je ne suis plus là? A quoi ça va servir que je me lève si je suis seule? Est-ce qu'on est seule jusqu'à la mort et même après? Pourquoi toutes ces questions?La mort n'a pas les réponses. Je ne les demandent même plus...Mais il faut se battre. Je ne veux pas croire que tout a été décidé à l'avance, que la vie c'est jouée de nous. Je veux croire que j'ai le choix. Je veux croire que si je me relève, il y aura quelqu'un à côté de moi pour me soutenir. Je veux croire que je peux tout changer rien que par la force de ma volonté. Croire. Demain, je serais encore là. Il le faut. Je ne peux pas mourir comme ça, pas maintenant. Ce serait trop bête. J'ai été jusque là, ça ne peux pas finir comme ça. Vous avez déjà vu des Walt Disney? Est-ce que l'héroïne mourrait comme ça, alors que l'histoire principale ne c'était pas encore déroulée, parce qu'une voiture lui avait volé la vie. Est-ce que le mot fin surgit comme ça venant de nulle part, sans se révolter? J'ai toujours su que l'histoire continuait même après qu'on est refermé le livre. Qui lira mon histoire? Qui pleurera pour moi? Qui aura peur pour moi une fois que le mot fin sera devant vos yeux? Je veux qu'on se souvienne de moi. Est-ce trop demandé?Vous avez déjà vu une personne se relever? Vous ne trouvez pas ça beau? Sukii vous dirait que c'est un miracle.Quand vous voyez des gens dans la rue, vous ne vous demandez jamais qu'elle est leur histoire? Et quand vous voyez des marques gravées sur le bras de quelqu'un, qu'éprouvez-vous? Vous avez des marques? C'est beau non? Je vis avec mes marques, et quand je les regarde je me souviens de tout. Oui, tout. Ca fait mal. Mais je me dis que ça m'aura rendue plus forte. Mon coeur à été lacéré. Comme beaucoup d'entre-vous. A partir de là, on a du mal à s'exprimer. On a du mal à respirer, tout simplement. Le souffle et les mots nous manquent. Mais le plus dure, c'est quand les autres savent et font semblant de rien. Ils n'y sont pour rien, ils n'ont rien vu. Soit disant. Ca fait mal d'être ignorée, de ne pas être prise au sérieux. Mais je suis persuadée que la plupart d'entre vous connaissent. Oh que non, je ne suis pas seule, nous sommes beaucoup, plus que vous ne le croyez. Et c'est pour ça qu'on se bat. On refuse que ça se termine ainsi. On ne veut pas mourir, contre toute attente. J'entends encore les exclamations telles que "Oh, c'est elle, la suicidaire?", lancée comme ça, sur un ton de désinvolte. Je ne veux plus entendre ça. Je ne veux plus avoir à me cacher pour pleurer. Vous êtes en cours, vous entendez les autres rire derrière vous. Vous ne savez pas pourquoi. Vous êtes persuadé qu'ils se moquent de vous. Vous faites semblant de ne rien entendre. Mais ça fait mal. Vous vous dites que vous êtes parano. Mais il faut se faire une raison, ils ont épuisés tous leurs sujets de conversations. Il ne leur reste plus que vous. Ca fait mal. Vous entendez votre prénom partout, vous vous retourner. Rien. Peu à peu, vous sombrez. Ceux qui étaient sencé être là pour vous ont retourné leur veste. Vous restez seul... Ou presque. Ils s'allient tous contre vous, les uns entrainant les autres. Alors vous commencez votre carnage. Plus de larmes, plus de cris, plus de mots. Que du faux, comme eux et leurs hypocrisies. Tous des hypocrites, des menteurs. Ha! Ils ne vous entendent plus. Mais vous, vous continuez à les entendre, ils ne se taisent pas pour autant. De pire en pire. Un peu ne suffit plus. Plus, toujours plus. Ca ne fait plus mal, mais votre coeur restent meurtrit. La douleur met moins de temps à réaparaitre. Il faut se débarrasser de toutes leurs paroles. Personnes ne peux plus toucher votre bras. C'est de pire en pire. Vous essayer d'arrêter, prise de conscience, mais vous n'y arrivez pas. Il vous faut de l'aide, mais vous n'osez pas en demander. Vous lancez des signes aux gens autour de vous. Mais personne ne voit... soit disant, toujours. Un jour vous craquez, vous etes en cours, vous n'en pouvez plus. Quelqu'un sort, et vous suit pour voir ce qui ne va pas. Il apprend que vous n'en pouvez plus. Il vous suggère de le dire à la classe. Vous le faites. Et après, vous apprenez qu'ils se sont tous bien foutus de votre gueule avec vos "petites cicatrices". Brûlée, vous vous êtes arraché la peau. Petites cicatrices? Vous riez. Bizarrement vous allez mieux. Vous promettez de ne plus recommencer à cette personne qui vous est si chère et qui était à peu près dans le même état que vous. C'est dure à tenir les promesses desfois. Petit à petit vous vous en sortez. Desfois vous replongez. Mais vous vous relevez, encore et encore. Vous avez une raison de vivre maintenant. Moi ma raison de vivre, c'est une personne. Non, c'est une promesse. Dis June, tu m'emmèneras à la mer, hein? Yakusoku? La promesse du petit doigt? Merci.Vous ne trouvez pas ça bête de mourir maintenant?
Je me battrais, car rien n'est encore joué d'avance. Et parce que je crois en la vie, comme en la mort.
Je me battrais, car rien n'est encore joué d'avance. Et parce que je crois en la vie, comme en la mort.